Christian Robitaille : l’effervescence de la rentrée culturelle

Chaque année, l’arrivée du mois de septembre nous plonge dans une grande frénésie collective. Avec raison, et parce que tout nous y ramène, on associe cet état d’excitation passager à la rentrée scolaire. Or, il serait faux de croire que l’école détient l’exclusivité de cette douce fébrilité. L’effervescence de la rentrée se vit tout autant du côté de la culture et des arts de la scène. Pour les artistes, artisans, organismes et travailleurs culturels, c’est le coup d’envoi d’une nouvelle saison!  

Mais que sait-on vraiment de la rentrée culturelle ? Entretien avec Christian Robitaille, directeur administratif du Théâtre La Bordée et président de la Table de diffusion des arts de la scène au Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.

«Pour expliquer la frénésie de la rentrée culturelle, il faut comprendre la frénésie du break. Pendant l’été, tout le monde s’arrête. C’est plutôt la période des festivals et des événements extérieurs. Alors, quand on revient de vacances, c’est vraiment le début de quelque chose, d’une nouvelle saison, d’une nouvelle année culturelle.»

De manière générale, la programmation d’une saison culturelle se déroule de septembre à mai ou encore juin et se prépare presqu’un an à l’avance. À peine les invitations pour le soir de première transmises qu’il est temps d’amorcer les travaux pour la saison 2019-2020. Quand septembre arrive, après des mois consacrés à la promotion des oeuvres, «on a hâte de présenter la première pièce de théâtre au public, on est chargé à bloc», affirme Christian Robitaille.

Quand la culture devient le sujet de l’heure
La frénésie de la rentrée culturelle se ressent bien au-delà des salles de répétition. Elle se lit dans les journaux, se regarde aux bulletins de nouvelles et s’affiche sur les marquises aux quatre coins de la ville.

Selon Christian Robitaille, c’est à la fois le fait que tous les diffuseurs annoncent ensemble leur programmation et diffusent de la publicité, les journalistes qui présentent au public la diversité des spectacles et l’intérêt de la population qui crée cette intensité. Cela entraîne une effervescence médiatique. «L’attention est multipliée de façon exponentielle parce que tout le monde en parle en même temps», ajoute-t-il.

Les défis d’un début de saison
«Deux semaines avant la première, en septembre, on sent que ça chauffe un peu plus à la billetterie. L’offre culturelle de la saison fait l’objet d’une grande couverture dans les médias, des cahiers spéciaux, des recommandations, c’est un tourbillon positif!», décrit-il.

Cela dit, pour le directeur administratif de La Bordée, la frénésie de la rentrée culturelle vient également avec son lot de questionnements. Est-ce que le public sera au rendez-vous? Est-ce que les gens vont adopter nos propositions artistiques? Vont-ils oser la découverte?

Par chance, il souligne qu’il est possible aujourd’hui de mieux anticiper les réactions du public lorsqu’un spectacle prend l’affiche. En culture comme dans d’autres domaines, grâce à la spécialisation des communications et à l’amélioration des stratégies marketing, les campagnes promotionnelles se collent davantage aux goûts et aux attentes des spectateurs. Certes, cela ne garantit pas le succès d’une pièce ou d’un spectacle, mais contribue assurément à faire une meilleure mise en marché d’une programmation.

Les incontournables de Christian Robitaille
Il se réjouit de constater l’offre diversifiée dans les grands centres, mais aussi un peu partout sur le territoire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.  «Il y en a pour tous les goûts! On voudrait voir tous les spectacles et on ne peut pas», se désole-t-il.

NOUVEAU – En complément audio : La rentrée culturelle vue de l’intérieur par Christian Robitaille
QuébecSpectacles a la chance de rencontrer des amoureux et des amoureuses des arts de la scène. Parce que leurs propos sont vraiment très intéressants et qu’il est impossible de tout écrire sur le blogue, QuébecSpectacles vous offre de les écouter!

 

Texte et photo: Catherine Chagnon