Frédéric Sériès : Porter son amour du théâtre jusque sur la scène

NOUVEAU – À QuébecSpectacles, on a la chance de rencontrer des amoureux et des amoureuses des arts de la scène. Des personnes vraiment intéressantes qui nous font découvrir l’univers du spectacle d’un œil différent. Parce qu’il est impossible de tout écrire, on vous invite dans notre conversation en vous offrant de les écouter!

Abonné de longue date dans certains théâtres de Québec et spectateur assidu dans plusieurs autres; le théâtre occupe sans contredit une place de choix dans la vie du Dr Frédéric Sériès. Et pourtant, ce serait le fruit du hasard et sa grande curiosité qui l’auraient poussé, il y aura bientôt 30 ans, à monter sur scène!

QuébecSpectacles a eu la chance de s’entretenir avec Frédéric Sériès, pneumologue, professeur, comédien non professionnel et amoureux fou de théâtre. Ensemble, nous avons discuté de sa passion pour le jeu et de sa vision du théâtre!

Vous faites partie de la troupe de théâtre Les Fous de la rampe depuis de nombreuses années. Comment le théâtre est-il devenu si présent dans votre vie?

Je suis arrivé dans l’univers du théâtre non professionnel par intérêt bien sûr, mais aussi par curiosité et par hasard! En 1991, à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, l’idée a été lancée de monter une pièce de théâtre et de la présenter au profit de la fondation de l’hôpital.

Pour faire du théâtre, il faut des comédiens. Alors, des employés de l’hôpital, des médecins, des infirmières se sont regroupés pour former une troupe de théâtre. Près de 30 ans plus tard, la troupe Les Fous de la rampe produit toujours un spectacle par année. C’est un beau succès!

Cela devait être une expérience unique, mais les gens se sont fait prendre au jeu l’année suivante, puis celle d’après. La troupe a vu défiler bon nombre de visages depuis sa création. Des participants qui en étaient pour la plupart à leur première expérience théâtrale!

Interpréter un rôle, incarner un personnage, apprendre des textes demande du temps et des efforts. C’est un défi en soi pour un comédien. Comment est-ce possible de relever ce défi quand jouer n’est pas notre premier métier?

Je n’apprendrai rien à personne en disant que c’est effectivement beaucoup de travail. Pour produire un spectacle et offrir quatre représentations par année, cela prend neuf mois de travail. C’est une gestation!

Nous avons une pratique de théâtre par semaine. Tous les membres de la troupe sont là. C’est exigeant. Quelques semaines avant le spectacle, le rythme augmente à deux pratiques par semaine.  C’est beaucoup d’engagement et énormément de plaisir à la fois. En général, les gens font partie de la troupe durant 2 ou 3 ans, puis laissent leur place à d’autres ensuite.

J’imagine que la pratique théâtrale des membres de la troupe a évolué au fil des ans. Qu’est-ce qui les amène à développer leur aisance sur scène?

J’ai pris la responsabilité de la direction artistique au sein des Fous de la rampe il y a une dizanne d’années. Bien sûr, il s’agit d’une pression supplémentaire. Heureusement, nous avons un soutien formidable du milieu du théâtre professionnel de Québec Nous pouvons compter sur les services et les conseils de comédiens professionnels. Nous avons collaboré avec la troupe du Théâtre Niveau Parking. D’ailleurs, la directrice artistique, Marie-Josée Bastien, a été notre marraine d’honneur pour notre spectacle 2018. Cette année, ce sera au tour de la comédienne Véronika Makdissi-Warren.

Est-ce que ces collaborations vous donnent l’occasion de faire du perfectionnement?

Tout à fait. Sous forme d’ateliers en plus de nos pratiques, nous avons la chance d’avoir des «petites formations». C’est simple et très pratico-pratique. On aborde différentes thématiques. Cela nous permet de se dépasser sur le plan personnel, d’aller au-delà de l’oeuvre artistique.

Cela crée une ouverture et fait ressortir tout le côté humain. En fait, on entre en relation les uns avec les autres. C’est très plaisant de voir à quel point des comédiens non professionnels peuvent s’appliquer et de sentir l’intérêt marqué des comédiens professionnels, qui nous accompagnent. Ils nous soutiennent au fil des ans et nous partagent leur expertise. Cette aventure théâtreale nous faire grandir sur le plan humain.

Le théâtre vous passionne. Vous ne pouvez pas tout voir ni tout jouer! Est-ce difficile de choisir?

Je suis abonné dans deux théâtres à Québec. Cela m’aide en quelque sorte, car cela me donne accès à leur programmation annuelle. Cela dit, je vois d’autres pièces de théâtre durant la saison. Il y a tellement d’effervescence sur la scène théâtrale à Québec! Pour les choisir, je vais vers des sujets ou des propos qui m’interpellent et qui me touchent.

Pour ce qui est du choix de la pièce de théâtre que nous présentons chaque année avec Les Fous de la rampe, je lis énormément de textes. Je fais des recherches. Je dois aussi être à l’affût de pièces susceptibles d’intéresser un public diversifié. Pour certaines personnes, le spectacle que nous présentons devient la pièce de théâtre qu’elles verront durant l’année ou encore leur première pièce de théâtre tout court. Tout cela guide nécessairement mes choix.

Le fait d’être comédien et spectateur devient-il contagieux? Est-ce que cela peut donner le goût du théâtre? 

Cela peut assurément inciter l’entourage des membres de la troupe et le personnel de l’hôpital. Les employés viennent voir leurs collègues sur scène par plaisir. Un plaisir qui croît avec l’usage, car ils reviennent d’année en année. Cela influence leurs goûts et peut les amener vers de nouvelles découvertes artistiques. Cela nous fait parler de théâtre et anime les discussions, ce qui crée en quelque sorte un effet d’entraînement!