Entretien avec Laurent Patenaude : chef-d’oeuvre et nouveauté pour Les Violons du Roy!

NOUVEAU – À QuébecSpectacles, on a la chance de rencontrer des amoureux et des amoureuses des arts de la scène. Des personnes vraiment intéressantes qui nous font découvrir l’univers du spectacle d’un oeil différent. Parce qu’il est impossible de tout écrire, on vous invite dans notre conversation en vous offrant de les écouter!

Au cœur de l’activité musicale de Québec depuis 1984, Les Violons du Roy sont maintenant connus partout dans le monde. Et pourtant, leur 35e saison sera celle de la nouveauté, puisqu’en 2018-2019, le chef Jonathan Cohen a pris le relais à la direction musicale en succédant au chef instigateur Bernard Labadie. Pour sa toute première collaboration avec le Chœur de La Chapelle de Québec, le directeur musical des Violons du Roy nous propose l’un des plus grands chefs-d’œuvre du 18e siècle, La Création de Haydn, une oeuvre qui n’a encore jamais été interprétée par l’orchestre et le chœur.

QuébecSpectacles a eu la chance d’assister à la répétition de ce grand concert en compagnie de Laurent Patenaude, qui est directeur principal de l’administration artistique pour Les Violons du Roy. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions!

Le chef Jonathan Cohen assure la direction musicale des Violons du Roy depuis quelques mois maintenant. Sans aucun doute, il s’agit pour les musiciens et les chanteurs d’une saison empreinte de nouveautés et de changements. Il s’apprête d’ailleurs à diriger le Chœur de La Chapelle de Québec pour la toute première fois avec La Création de Haydn. Dans ce contexte, qu’est-ce que cela représente pour l’organisation?

Cela représente beaucoup de choses. C’est certainement un défi, puisque c’est l’une des grandes productions. Cela réunit 73 artistes sur scène. C’est aussi en quelque sorte un point de jonction entre le grand héritage de Bernard Labadie, qui a été directeur musical des Violons du Roy pendant plus de 30 ans et qui est toujours directeur musical du Chœur de La Chapelle de Québec. On a construit un héritage très solide avec lui et, en même temps, il faut passer le flambeau à un nouveau directeur musical.

Donc Jonathan Cohen saisit l’occasion, à sa première saison, de faire un projet avec La Chapelle de Québec. Pour sa part, Bernard Labadie en fait deux, même trois avec le Chemin de Noël. Alors, c’est une passation de flambeau qui est à la fois dans la continuité et dans la nouveauté. C’est-à-dire qu’on table sur le travail qui a été fait, parce que Les Violons du Roy ont travaillé énormément ce répertoire, la musique de Haydn, de Mozart, de Bach; qui est l’héritage XVIIIe siècle chœur et orchestre. Cependant, c’est la première fois qu’on fait La Création de Haydn, qui est peut-être le chef-d’oeuvre de Josepĥ Haydn. C’est aussi une oeuvre de jonction, à mi-chemin entre la musique baroque, entre les oratorios de Haendel comme Le Messie par exemple, mais qui va également faire le lien avec la musique romantique de Beethoven (9e symphonie).

Comment décrire cette grande oeuvre?

On est vraiment dans une synthèse avec La Création de Haydn, dans un mélange incroyable de foi religieuse qu’on retrouve chez Bach et Haendel. En même temps, on est aussi dans l’esprit des Lumières, l’esprit plus scientifique des encyclopédistes. Il s’agit donc d’une œuvre religieuse, mais qui est basée sur la connaissance, sur la volonté naturaliste de nommer les choses, de nommer la nature. C’est très intéressant!

Les retombées de cette première collaboration avec le chœur vont-elles au-delà du concert?

Selon moi, cette collaboration permet d’«installer» Jonathan Cohen dans ses fonctions pour de bon dans l’organisation, parce que les projets choeur-orchestre sont parmi les plus importants dans notre relation avec le public. Ces concerts nous cristallisent en quelque chose dans la perception du public; à savoir qu’il n’y a que Les Violons du Roy et le Chœur de La Chapelle de Québec qui peuvent offrir des représentations dans cette forme. Nous avons développé un modèle qui est arrivé à sa maturité pour présenter ces œuvres-là.

Pour le public moins familier avec la musique des Violons du Roy, comment cette présentation de La Création de Haydn peut-elle devenir une occasion unique de la découvrir?

Il y a plusieurs pistes! On a pris l’habitude de publier dans le programme du concert, l’intégral du texte en français. Déjà, je crois que c’est une façon de voir comment le texte se traduit en musique.

Par exemple, il va être question de levée de soleil, de chaos; c’est une musique très imagée. Cela donne l’occasion de voir comment le compositeur de l’époque se sert de la grammaire musicale pour exprimer des choses assez concrètes : on parle de baleines, du sommet des montagnes, des vallées. Tout cela est traduit en musique de façon assez simple, c’est assez facile à comprendre.

De plus, le spectateur a sur scène les meilleurs protagonistes possible pour défendre cette musique-là. Le concert a lieu au Palais Montcalm, le spectateur découvre une nouvelle musique dans des conditions acoustiques optimales! Il se retrouve alors devant les meilleurs musiciens et le meilleur équipement pour plonger dans l’univers musical des Violons du Roy.

Bonne découverte !

Crédit photo : Catherine Chagnon

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