Frédéric Ouellet: la culture, un investissement payant

Le domaine du pneu et de la mécanique automobile est assez loin de la culture. Pourtant, pour Frédéric Ouellet, les deux sont indissociables. En commanditant l’organisme Les Arts de la scène de Montmagny, il investit dans la vie culturelle de sa région. À l’entendre parler avec excitation des derniers spectacles auxquels il a assisté, investir en culture, c’est payant autant pour lui que pour sa communauté.

«Tu peux t’asseoir, mais moi je vais rester debout. Je ne m’assois jamais», nous lance d’emblée l’infatigable entrepreneur qui, après tout juste 20 ans à la barre de son garage à Montmagny, vient de prendre les commandes d’une nouvelle succursale, à Québec celle-là, où nous le rencontrons.

Son commerce de pneus est également un moyen par lequel il aide le développement de sa communauté. «J’aime les sports et j’aime la culture, donc j’essaie d’aider les deux», dit-il.

Dans la petite ville de Montmagny, les commandites du garage sont vitales à la vie sociale, sportive et culturelle.

Les équipes de hockey, de soccer, nomme-les, on les commandite toutes, mais la culture, c’est la seule chose qui me redonne vraiment. Quand je donne 1 000 $ à l’équipe de hockey, c’est important, mais ça ne me donne rien.

Ce que Frédéric gagne en faisant sa part pour que sa ville jouisse d’une vie culturelle forte est une variété de spectacles qui élargissent les horizons de ce fou de musique.

Depuis qu’il commandite l’organisme Les Arts de la scène, ce fan invétéré de Metallica et autre gros rock américain a découvert des artistes et des styles qui ne l’avaient jamais intéressé auparavant. «Je suis allé voir l’Orchestre symphonique de Québec. Je me disais que ça allait être plate, mais je suis allé voir pareil. Eh ben ça m’a impressionné», détaille-t-il.

De nombreux albums d’artistes francophones ont également fait leur chemin vers la discothèque de Frédéric, une nouveauté pour celui qui a toujours préféré Def Leppard à Philippe Brach.

Il aime par-dessus tout la musique, mais a aussi un faible pour l’humour et ne manque aucun one man show de passage à Montmagny. Il apprécie également le théâtre. En règle générale, ce qui l’intéresse, ce sont les spectacles divertissants qui l’extraient de son quotidien.

Quand je m’assois dans une salle après ma semaine de 70 h, il faut que ça bouge sinon je vais m’endormir, blague l’entrepreneur. Dans un spectacle, tu profites vraiment du moment présent. Tu n’ouvres pas ton cellulaire.

Faire vibrer sa région

Alors que la grande région de Québec connaît une sévère pénurie de main-d’œuvre, la Côte-du-Sud est particulièrement touchée. «Si on veut garder le monde à Montmagny et en attirer d’autre, ça prend des attractions.»

«Je suis né à Montmagny, j’y vis et ce n’est pas près de changer», énonce Frédéric avec fierté. Mais pour que sa ville demeure intéressante et agréable, il croit que tout le monde doit contribuer, en particulier les entrepreneurs qui ont l’occasion d’ouvrir les cordons de leur bourse et d’aider leur communauté à s’épanouir.

Il note en particulier l’apport de Christian Noël, le directeur général des Arts de la scène de Montmagny. Selon Frédéric, depuis qu’il en a pris les rênes, l’organisme est devenu un incontournable de la scène culturelle de Montmagny et au-delà.

«Avant qu’il arrive c’était gros comme un dix cennes, mais maintenant c’est énorme pour notre région. C’est incroyable qu’on ait accès à des spectacles de cette envergure. Il y a des villes plus grosses qui n’ont même pas ça!» s’exclame-t-il.

Frédéric note même que de plus en plus de gens font le déplacement depuis Lévis pour profiter des spectacles et des installations des Arts de la scène de Montmagny. «On va avoir une soixantaine de spectacles l’an prochain, y compris Louis-José Houde et Martin Matte à l’aréna. Les prix sont très abordables et le stationnement est gratuit.»

Aujourd’hui, ce sont des dizaines de spectacles qui sont organisés chaque année à Montmagny. L’équipe des Arts de la scène est parvenue à animer toute la communauté, tout cela avec l’aide d’entrepreneurs comme Frédéric.

Les spectacles qu’il attend avec impatience en 2018:

Martin Matte, 15 juin, Aréna de Montmagny
« Pour son humour provocateur dans lequel on se reconnaît fréquemment. »

Victor Wainwright, 20 avril, Salle Promutuel Assurance
« J’ai hâte de voir son dynamisme sur scène et d’entendre son incroyable timbre de voix. »

 

Texte: Louis-Philippe Bouliane