Patrick Labbé : des projets pour créer sans compromis

Il y a de quoi se réjouir. Les scènes musicales considérées plus alternatives foisonnent de talents et de spectacles. Les artistes musicaux émergents de la scène québécoise suscitent vraiment l’attention du public. On sent le milieu de la diffusion alternative animé par la fougue et l’audace; particulièrement à Québec. Et pourtant, de nombreux artistes doivent encore surmonter des obstacles pour développer leur carrière musicale.

QuébecSpectacles a eu la chance de rencontrer Patrick Labbé, musicien, producteur et agent de spectacles, grand manitou derrière le festival déjanté de diffusion alternative Le Phoque OFF et également initiateur du projet Centrale alternative.

Ensemble, nous avons discuté de son parcours d’artiste, de la vivacité de la scène musicale de Québec et des solutions à mettre en place pour soutenir le milieu de la diffusion alternative.

Voici quelques extraits de nos échanges avec Patrick Labbé pour piquer votre curiosité… Faites-vous plaisir ensuite, lancez-vous dans l’écoute de la balado pour la version intégrale (et tellement inspirante) de notre conversation avec cet artiste engagé envers son milieu.

Choisir d’être artiste

Q. Tu te décris comme un artiste avant tout. Comme musicien, tu as joué sur un nombre incalculable de scènes, incluant à l’étranger. Tu mènes de front plus d’un projet, qu’est-ce qui t’anime?

R. À la base, je suis un artiste et je serai toujours un artiste. C’est un choix que j’ai fait quand j’étais plus jeune. Je me sentais différent et j’étais tiraillé. Puis, j’ai décidé d’assumer. J’ai choisi d’être un artiste et de créer. Ce n’est pas simple.

Faire un choix c’est renoncer à quelque chose et, souvent, à beaucoup de choses. J’ai renoncé à la sécurité financière, à être présent pour ma famille. Il y a des sacrifices qui viennent avec le choix qu’on fait.

Q. La facilité n’est certainement pas le chemin que tu as pris, mais ton choix t’apporte énormément d’ouverture, non?

R. Oui, décider m’a libéré et m’a donné l’énergie pour avancer. Je n’ai jamais vraiment regardé en arrière. Disons que je me suis lancé souvent dans le vide… Dans le fond, cela me permet d’apprendre.

En se mettant à risque, en se cassant le nez, tu développes ton audace et tu trouves des solutions pour atteindre ton objectif.

Se construire un réseau

Q. En t’écoutant, on sent que la créativité et les rencontres humaines sont au coeur des solutions que tu mets en oeuvre. Pourquoi?

R. Décider de n’accepter aucun compromis te pousse constamment dans l’action. Comme musicien avec mon groupe, on a fait beaucoup de spectacles. On en a mis de l’énergie pour développer notre carrière professionnelle parce que les ressources dont on avait besoin ne semblait pas disponible. C’est pour ça que je suis devenu agent de spectacles et producteur.

Et au fil du temps, tu rencontres d’autres artistes comme toi, qui connaissent la même réalité. Tu commences alors à leur donner un coup de pouce. De fil en aiguille, tu te construis un réseau, tu rencontres des personnes fantastiques qui partagent tes valeurs.

Créer un festival pour avancer, ensemble

Q. Comment l’idée de créer un festival de diffusion alternative à Québec s’est-elle présentée dans ton parcours artistique?

R. Il y a vraiment tout un contexte dans lequel s’entremêlent quelques éléments : producteurs et diffuseurs établis, styles de musique, etc. C’est un écosystème important et difficile à percer. Il faut savoir qu’il y a une partie du milieu de la diffusion des arts de la scène qui est hyperactive, mais qui ne réussit pas à se faire voir. Pourtant, cette diffusion alternative mettant en scène des talents musicaux émergents rejoint vraiment tout un public.

Et à Québec, de nombreux artistes ont choisi de développer leur carrière en restant ici. Leur sentiment d’appartenance est fort. Cela crée un réseau solide et devient un moteur pour avancer.

Alors, après quelques années à cogner aux portes, à être toujours en mode projets pour avancer, tu réalises que les astres sont alignés pour organiser un festival de diffusion et mettre en valeur tout un pan de l’industrie qui peine à se faire voir. Encore là, c’est une histoire humaine qui est la soupape d’un projet comme le Phoque OFF. Quand tu peux t’appuyer sur la force d’un réseau, tu as les moyens d’innover et de créer un rendez-vous annuel comme ce festival.

Q. Le Phoque OFF n’est pas qu’un festival. J’ai l’impression que c’est une locomotive dont tu te sers pour faire bouger l’industrie en insufflant l’idée qu’on peut faire autrement et qu’on peut le faire ensemble. Est-ce que je me trompe?

R. C’est assurément un moteur. C’est surtout une réflexion qui m’anime pour tirer profits des liens complémentaires qui existent entre les différents acteurs du milieu de la diffusion des arts de la scène. Je suis convaincu qu’on peut conserver notre ADN tout en collaborant avec d’autres pour favoriser l’avancement de tous.

Vous trouvez ces propos inspirants?

Vous avez bien raison. Plongez-vous dans la balado pour entendre les explications de Patrick Labbé sur le projet Centrale Alternative…