Première Ovation : donner les moyens de créer

Cette année, Première Ovation souffle 10 bougies sur son gâteau. Un anniversaire souligné par l’ensemble de la communauté artistique émergente de Québec, pour qui cette mesure aura été essentielle à la mise en œuvre de nombreux projets. Témoignage d’une artisane de ce milieu en ébullition.

Gabrielle Shonk est aujourd’hui l’une des porte-étendards de la scène musicale de Québec. Récemment signée par l’importante étiquette de disque Universal, elle a fait paraître son premier album en septembre 2017.

Même si le grand public ne l’a connue que récemment, il y a longtemps que Gabrielle gravite autour du milieu musical local. Multipliant les apparitions dans les différentes salles de spectacle de la ville, elle admet être maintenant soulagée de pouvoir partager de bonnes conditions de travail avec ses collègues musiciens. Un objectif qui n’est pas si facile à atteindre lorsqu’on tente de vivre de son art, faute d’argent.

Ça coûte cher faire de la musique. C’est aussi niaiseux que ça peut coûter 400$ de gaz aller faire un show à Toronto. Les subventions, ça permet d’engager des musiciens et de leur donner un bon cachet.

Au sein d’une famille artistique tissée serrée, Première Ovation joue le rôle de facilitateur dans l’organisation de spectacles, un aspect essentiel pour la relève musicale de Québec. À une époque où il semble de plus en plus difficile de vendre des albums, la scène reste un lieu de choix pour se faire entendre par de nouvelles oreilles. Selon l’auteure-compositrice-interprète, le moment est idéal pour exposer la culture locale en spectacle.

Je trouve qu’il y a une effervescence de la scène émergente à Québec depuis quelques années. Il y a des bons et beaux bands qui poussent et travaillent fort, dont je suis fan, qui sont dans ma ville. On est dans une ère motivante.

Faire école à la maison

Qui plus est, la rencontre avec le public est bien souvent la meilleure école pour n’importe quel musicien qui développe sa démarche. Parallèlement, on compte aussi dans les premiers rangs de ces spectateurs, les artisans du milieu, venus tendre l’oreille et soutenir leur communauté. Il n’est d’ailleurs pas rare d’y croiser Gabrielle Shonk, tout sourire.

J’aime ça aller voir des shows. La musique c’est constant dans ma vie. C’est mon métier et mon hobby, c’est ce que je préfère pour me divertir. Même quand tu ne connais pas l’artiste, il y a toujours quelque chose à apprendre en assistant à un spectacle.

D’un concert à l’autre, suivant différents concepts, des collaborations inattendues se tissent et de petits événements prennent racine dans la Capitale, soutenus essentiellement par des bourses et des ressources mises en place par Première Ovation.

« Il ne faut jamais sous-estimer le besoin de soutien financier dans ce domaine-là. Ça prend de l’argent pour démarrer un projet. Il n’est clairement pas rentable au début et ça peut être long. Pour les artistes de Québec, ça donne un coup de main : il y a de belles ressources pour ceux qui commencent », explique Gabrielle, énumérant quelques projets subventionnés auxquels elle a pris part au cours des dernières années.

Si le quotidien des musiciens à temps plein s’articule bien souvent entre le studio, les répétitions et la tournée, la ville de Québec constitue un quartier général de choix pour la jeune chanteuse. « J’ai aussi un pied-à-terre à Montréal, mais j’aime vraiment Québec. En ce moment, je m’y sens chez nous, c’est un lieu de recueillement. Un petit havre de paix, à Limoilou, dans mon appartement. Y a quelque chose de groundant là-dedans »… et beaucoup de fierté locale pour des artistes talentueux qu’on doit toujours encourager et soutenir à l’année.

Texte: Émilie Rioux
Photo: Norman Wong